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    15/08/2010_Saccage des porte-greffes transgéniques de vigne

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    15/08/2010_Saccage des porte-greffes transgéniques de vigne

    Message  Admin le Mer 27 Oct - 16:42

    Porte-greffe transgénique de vigne



    Inra, Gérard Paillard
    L’essai de recherche portant sur des porte-greffes transgéniques détruit à Colmar le 15 août 2010, au-delà de l’intérêt scientifique majeur, représentait un modèle pilote de concertation avec la société civile, conforme aux principes de pertinence, de parcimonie et de transparence dégagés par le conseil d’administration de l’Inra concernant la mise en plein champ d’OGM.

    L'Inra avait obtenu, le 28 juin 2005, l'autorisation du Ministre de l'Agriculture d'implanter un essai de porte-greffe transgénique de vigne à Colmar (68), accordée sur la période 2005-2009, après un avis favorable de la Commission du génie biomoléculaire en mai 2004. Cet essai avait pour objectif d'acquérir des connaissances sur le phénomène de résistance de la vigne au virus du court-noué, maladie mortelle pour la vigne et sans traitement.

    Cet essai a été interrompu début septembre 2009 par un saccage de la parcelle (communiqué de presse du 7 septembre 2009) et un processus a été lancé pour obtenir l'autorisation de le poursuivre. Le ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche a annoncé le 18 mai 2010 qu’il autorisait la reprise de l'essai sur les porte-greffes transgéniques de vigne à Colmar, suite à l'avis favorable du Haut-Conseil des biotechnologies végétales et à l'issue d'une consultation du public tenue du 9 au 30 avril. Dans le respect des principes qu’il s’est fixé -parcimonie, précaution et dialogue- l’Inra avait donc relancé cet essai, complémentaire aux autres voies de recherche non OGM de lutte contre la maladie du court-noué. Les opérations de greffage ont eu lieu en juin 2010. Le 15 août, le saccage de l’essai a détruit une nouvelle fois 7 années de recherches (communiqué de presse du 15 août 2010).

    Un essai dédié à la recherche et sans vocation commerciale
    L'essai de l'Inra n'a pas de vocation commerciale. Les résultats feront progresser la recherche dans le domaine de la protection de la vigne contre les maladies à virus et seront mis à la disposition des producteurs.
    Les chercheurs et techniciens ont travaillé durant l'été 2005 à la mise en place technique de l'essai au sein du domaine expérimental de l'Inra de Colmar selon le protocole retenu. La plantation de l'essai a eu lieu début septembre 2005.

    Le court-noué : une maladie de la vigne sans traitement efficace
    Le court-noué est une maladie virale présente dans la quasi-totalité des régions viticoles du monde où elle provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture. Le virus responsable est transmis au vignoble de cep à cep par un nématode (ver du sol) qui s'alimente au niveau des racines. Les méthodes de lutte faisaient appel à des produits chimiques très polluants et inefficaces, peu à peu interdits en Europe, cet essai a pour objectif de chercher une alternative de lutte. En s'appuyant sur le séquençage du génome de la vigne, cet essai devrait permettre l'identification des gènes de défense naturelle de la vigne contre les maladies. (Voir aussi "Une vigne d'avance", Inra Magazine n°3, p. 5)

    L'état d'esprit de l'Inra : dialogue et transparence
    Pour mettre cet essai en place, un groupe de travail mixte composé de professionnels, citoyens et chercheurs a été chargé de formuler des recommandations concernant l'essai à la direction de l'Inra. Le dossier d’expérimentation a été co-construit avec un comité de suivi local impliquant des représentants de la filière, d’associations et de citoyens et les chercheurs. Ce comité assure le suivi de l’essai et le respect du cahier des charges en toute transparence. Les résultats obtenus sont publiés au fur et à mesure de l'avancement des recherches.


    INRA






    Était-il légitime de détruire les plants transgéniques de l’Inra, à Colmar ? Pourquoi étaient-ils si nécessaires à la connaissance scientifique ? La recherche publique appliquée à la vigne va-t-elle dans le bon sens ? « L’Alsace » ouvre le débat.


    Le 15 août, une soixantaine de personnes appartenant au réseau des faucheurs volontaires saccageait 70 pieds de vigne transgéniques dans l’enceinte de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), à Colmar, réduisant à néant le projet de recherche mené sur les mécanismes immunitaires de la vigne (lire également l’historique des essais OGM à l’Inra). L’Alsace ouvre le débat avec Jean Masson, président de l’Inra-Colmar, Yvette Beck-Hartweg, viticultrice à Dambach-la-Ville dont le domaine est en conversion biologique et Jacques Muller, sénateur Vert du Haut-Rhin.

    Les essais de plants transgéniques vont-ils reprendre à Colmar ?

    Jean Masson : Nous sommes encore sous le choc. Aujourd’hui, nous nous interrogeons, y compris sur le plan scientifique. Nous aurons une discussion avec la direction générale de l’Inra fin octobre.

    La poursuite des essais n’est finalement pas décidée…

    Jean Masson : Absolument pas.

    Quelle est votre position personnelle ?

    Jean Masson : Je vais m’en aller, je cherche un autre emploi. Je reconnais en partie le bien-fondé de la démarche des lanceurs d’alerte qui sont là pour arrêter des démarches un peu ultra-dominantes. Mais les lanceurs d’alerte, tout comme les chercheurs, doivent renouveler leurs connaissances scientifiques, sinon ce sont des gens qui empêchent tous les autres d’avancer.

    Jacques Muller : Je maintiens ce que j’ai dit : ce qui s’est passé est un gâchis humain. (S’adressant à Jean Masson), vous avez pris des risques en discutant avec des gens qui ne sont pas d’accord avec votre point de vue. Je rends hommage à votre ouverture d’esprit. Personnellement, je n’aurais pas fauché pour cette action.

    Pourquoi ?

    Jacques Muller : J’aurais fauché des champs de maïs transgéniques. À Colmar, le contexte est particulier. J’estime qu’au niveau des mesures de confinement, l’Inra avait pris ses précautions. En revanche, je reproche à l’Inra d’avoir communiqué sur le terme « violence » : c’est un abus de langage et une manière de criminaliser des gens qui jouent un rôle de lanceurs d’alerte.

    « Je comprends les faucheurs »
    Yvette Beck-Hartweg : Je comprends les faucheurs. Nos instituts nationaux de recherche cherchent en priorité dans la voie des OGM et en cohésion avec toutes les firmes qui nous inondent de leurs pesticides, herbicides et autres semences. Il faut que des personnes clairvoyantes s’élèvent contre ça et alertent la société. Le problème, c’est l’enjeu international concernant l’agriculture et les OGM. Il faut que tout être humain puisse vivre de son métier, sans être pieds et poings liés aux multinationales. L’obscurantisme, c’est rester la tête dans le guidon ; c’est choisir quels produits, quelles techniques on peut appliquer au lieu d’analyser les choses d’une manière plus globale.

    Ces essais menés à Colmar ne sont-ils pas sous tendus par une volonté de commercialisation ?

    Jean Masson : Dès 2001, on a dit que jamais on ne commercialisera. En plus, ces porte-greffes-là sont interdits à la commercialisation. Mais ce n’est pas pour autant que cela va convaincre les gens.

    Yvette Beck -Hartweg: On aurait pu attendre de notre institut public qu’il fasse des recherches par d’autres voies. Pourquoi avoir donné la priorité à la recherche par le biais des OGM alors que des solutions sans OGM ont été trouvées contre le court-noué ? Ne serait-ce pas une meilleure image pour l’Inra d’être des pionniers dans la recherche de solutions biologiques ?

    On parle comme s’il y avait obligation de courir après ces OGM-là qui seraient devenus un passage obligé pour la crédibilité du chercheur…

    Jean Masson : Obligation sociale et scientifique de travailler sur les OGM, j’en doute. Obligation sociale, scientifique et financière d’avoir une approche de recherche qui nous permet d’avoir des publications scientifiques, oui.

    Yvette Beck-Hartweg : Il y a quand même des sociétés privées qui financent vos recherches…

    Jean Masson : Oui, bien sûr… D’une manière générale, il y a un vrai glissement versune logique de temps court — des projets de deux à cinq ans — et sur des choses qui sont, on va dire, politiquement choisies. L es chercheurs ont beaucoup moins de marges de manœuvre.

    Qui définit vos thèmes de recherches ?

    Jean Masson : On établit des contrats d’objectifs sur quatre ans signés avec le ministère ; ces contrats sont élaborés avec les chercheurs, en interaction avec les filières agricoles, viticoles et alimentaires. En ce qui concerne l’essai de porte-greffes OGM, un comité de suivi a été mis en place, réunissant une quinzaine de personnes non-scientifiques ; il s’est rapidement transformé en un comité prospectif, et, à son initiative, il a construit d’autres projets de recherches, dont certains sur les jachères.

    Yvette Bec k -Hartweg : Si les membres du comité ont validé les recherches sur le court-noué et pas sur les maladies du bois, on peut franchement se poser des questions sur leur pertinence ! Car aujourd’hui, à la limite le court-noué, on s’en fiche, ce sont les maladies du bois qui nous inquiètent.

    Jean Masson : Je suis d’accord, les vignerons parlent de maladies du bois depuis longtemps ; on l’a entendu. L’Inra en a discuté. Il y a eu une étude technique qui a été faite par l’Enitab de Bordeaux (École nationale des ingénieurs des travaux agricoles), en lien avec l’Inra de Bordeaux, sur cette thématique-là. À Colmar, nous n’avions auc un moyen pour mettre des gens sur cette thématique-là.

    Yvette Beck -Hartweg : Parce que vous étiez pris par d’autres choses !

    « On ne parle jamais du reste »
    Jean Masson : Non ! Nous sommes 110 personnes à Colmar ; il y en a sept sur les porte-greffes. On ne parle jamais du reste. Sur ces maladies du bois, on a essayé de savoir qui étaient les acteurs de cette maladie. On ne les connaît toujours pas. C’est un sujet complexe.

    Yvette Beck-Hartweg : C’est grave de dire ça…

    Jean Masson : La situation a tout de même changé. L’Université de Haute-Alsace a monté un projet sur les maladies du bois ; dans mon propre labo, il y a des gens qui travaillent sur cette thématique-là. C’est faux de dire que l’on ne va faire que des OGM pour trouver des solutions.

    Prenons l’exemple du nemadex, qui est un porte-greffe naturel répulsif vis-à-vis des nématodes ; il est issu de croisements réalisés par Alain Bouquet, à l’Inra de Montpellier il y a 20 ou 25 ans.

    Comme disait Yvette Beck, si une solution naturelle contre le court-noué a été trouvée, pourquoi continuer dans la voie des OGM ?

    Jean Masson : On travaille sur ce porte-greffe OGM dans le seul et unique but de mettre en évidence l’immunité de la vigne. On espérait découvrir le fonctionnement de l’immunité de la vigne pour ensuite dessiner des solutions de méthodes d’activation de cette immunité, avec des molécules, avec des pratiques viticoles, avec tout ce que vous voulez. C’était ça !

    La force des lobbies
    Jacques Muller : En biodynamie, on utilise parfois des méthodes qui ressemblent à de la poudre de perlimpinpin ; parfois, ça marche, parfois ça marche moins bien et on ne sait pas pourquoi. Pour moi, cela doit être l’effort prioritaire d’un point de vue scientifique pour, d’abord, valider ou pas et pour, ensuite, généraliser. Les OGM entrent dans une logique qui consiste à les intégrer doucement dans l’agriculture. Je combats les OGM ; mais je ne sais pas si c’est dangereux pour l’homme et l’environnement.

    Yvette Beck -Hartweg : Il existe des gens qui observent et font des recherches sur les plantes et sur la micro-biologie du sol. Il est grave que personne ne se préoccupe de ces travaux, alors que c’est ça le sujet important. C’est bien sûr une autre approche. Mais ce serait parfait si l ’Inra s’y mettait également.

    Jacques Muller : Pourquoi les agriculteurs pratiquant la sélection à la ferme, c’est-à-dire l’emploi de semences paysannes, consomment-ils moins d’intrants ? Que pourrait-on améliorer dans ce domaine-là ? Honnêtement, il n’y a pas de travaux de l’Inra sur ces sujets-là. Je veux témoigner ici de la force des lobbies qui évidemment, pèsent aussi sur les choix de la recherche publique.

    Ne peut-on pas imaginer que la station colmarienne de l’Inra devienne la référence en matière de recherche en agriculture biologique ?

    Jean Masson : Le chemin est long. Il y a des gens qui sont 100 % pour, d’autres qui sont 100 % contre. Vous avez des conflits politiques, des enjeux économiques… J’essaie pour ma part de trouver un petit chemin. Ce qui m’importe, c’est d’arriver à changer les choses en valorisant les savoirs des gens pour arriver à la co-construction de programmes de recherche. C’est ce que l’on fait avec le comité de suivi…

    Un problème politique
    Vous n’avez pas répondu à notre question…

    Jean Masson : Il me reste encore deux mois et demi avant la fin de mon mandat. Je vais essayer de monter un programme européen avec des chercheurs suisses, bien meilleurs que nous sur la problématique de l’agriculture bio, dans la lignée du projet sur les jachères. Mais vous croyez que je n’ai en face de moi que des gens qui disent amen à cela ?

    On a séquencé le génome de la vigne ; on a des gens qui font de la création variétale, des variétés résistantes aux maladies. 90 % des efforts fournis par l’Inra de Colmar vont dans ce sens-là.

    Yvette Beck-Hartweg : Il faudrait arrêter la voie des OGM.

    Jean Masson : Vous voulez arrêter quelque chose qui est à l’arrêt ?

    Jacques Muller : Le problème est politique. L’arrachage des vignes OGM n’est pas tourné vers Jean Masson ; il est tourné vers une politique globale dans laquelle les recherches participatives et sociétales sont balayées…

    Yvette Beck, êtes-vous confrontée au court-noué, à l’Esca, au Black Dead Arm ?

    Oui, on a toute la panoplie. On a du court-noué dans nos vignes, mais cela ne nous préoccupe pas vraiment. Les baies sont plus petites et plus sucrées ; comme on fait des plus petits rendements, ce n’est pas un problème. J’ai toujours préféré la sélection massale, des plants sélectionnés sur le critère du goût. Là aussi, avec ces histoires de clones, les gens ont été entraînés dans une certaine direction. Le rouleau compresseur est en route. On a fait croire qu’il fallait absolument utiliser des engrais et des pesticides. C’est exactement ce qui se passe dans le monde entier. On dit aux gens : prenez des OGM, vous n’aurez plus besoin de pesticides…

    L’Inra n’est-il pas contraint économiquement de produire des nouveautés clonales au détriment de solutions concrètes pour les viticulteurs ?

    Jean Masson : Quand l’Inra a été conçu, c’était son rôle de développer des innovations et de favoriser la création d’entreprises et d’instituts techniques. Sûrement que la filière française de production de plants se trouve en bonne santé économique… Tant mieux ! D’abord parce qu’ils vendent des plants qui sont indemnes de maladies, dont celles du bois. Après, on a fait de la sélection clonale mais c’était d’abord une sélection sanitaire…

    Yvette Beck-Hartweg : Il y a quelques Indiens qui ont résisté à cela !

    Pourquoi les OGM sont-ils tellement importants ?

    Jean Masson : Les OGM, c’est la poignée de porte pour ouvrir quelque chose que j’ai envie d’offrir, c’est tout.

    Yvette Beck-Hartweg : Oui, mais il y a d’autres poignées pour ouvrir les choses.

    Jean Masson : Je suis d’accord avec vous. Il y a d’autres poignées de porte et il y aura peut-être un autre président de l’Inra Colmar le 1 er janvier, et puis voilà.

    Jacques Muller : Autant je pense qu’il faut travailler sur la connaissance du génome, autant je pense qu’il n’est pas prudent de travailler sur les OGM qui, de toute façon, débouchent sur une vocation commerciale.

    L’image du vin d’Alsace
    Yvette Beck-Hartweg : Parlons aussi du problème de l’image du vin d’Alsace. Des consommateurs peuvent avoir des doutes au regard de la présence de ces essais en Alsace, alors que la Champagne n’en a plus voulu pour des raisons d’image. On a refilé ça aux Alsaciens en se disant qu’ils ne vont rien dire. Un jour, peut-être, on va nous obliger à planter des plants de vignes OGM. Comme aujourd’hui, on veut nous obliger à planter des clones… L’étape suivante, ça risque fort d’être ça. Un jour, on n’aura plus le droit de planter autre chose ; parce que ceux qui détiennent le monopole voudront gagner de l’argent là-dessus.

    Propos recueillis par Annick Woehl et Jean Daniel Kientz
    L'Alsace

      La date/heure actuelle est Jeu 15 Nov - 10:37